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BookBeo et les objets deviennent vivants...
“book” signifie “livre” en anglais, “Beo” veut dire “vivant” en breton. Le livre vivant de Sophie Deniel a bien évolué depuis ses débuts… et a contaminé d’autres objets.
Paré à Innover : En voyant ce livre vivant, on se dit que c’est une merveilleuse idée… et on s’étonne que personne n’y ait pensé avant vous !
Sophie Deniel : Je vous avoue que moi aussi ! En regardant mes enfants et leurs livres, je me suis dit qu’il manquait un support qui mêlerait réel et imaginaire, un livre associé à un film pour ”l’augmenter”. Cette idée a séduit TELECOM Bretagne qui a confié à des étudiants ingénieurs le soin de créer un prototype 1. Présenté en 2007, il a obtenu le 1er prix du Forum TELECOM Bretagne. Nous avons évidemment souhaité l’améliorer, le rendre moins lourd (il nécessitait une carte électronique à bouton), plus performant (il utilisait une liaison wifi et 6 batteries et devait donc se trouver près d’un ordinateur, dans une maison), moins onéreux. Nous nous sommes inspirés du Japon qui connait depuis plusieurs années les codes 2D (QR codes, Datamatrix…). Ces codes, qui sont des liens vers le web, ne servent là-bas que le domaine commercial. Pourquoi ne pas démultiplier leur usage ? Un Beocode sur n’importe quel support, un iPhone pour télécharger l’application gratuite bookBeo et pour photographier le code, et l’utilisateur est en quelques secondes transporté dans une autre dimension. Nous avons par exemple créé pour la bière Celtica (Brasserie de Bretagne) un Beocode présent sur le packaging : s’il le souhaite, l’acheteur le photographie et accède à une video dédiée lisible sur son téléphone.
PAI : Pourtant, les lecteurs de codes 2D existent déjà en France, non ?
S.D. : Oui, mais ils se contentent de diriger vers une adresse web. Le lecteur BookBeo renvoie directement, sans autre manipulation que celle de prendre une photo avec son mobile, vers des contenus multimédia stockés sur le web. L’utilisateur dispose d’options, est acteur (grâce à un formulaire retour), peut être géolocalisé et intègre s’il le souhaite un réseau social, comme la communauté des amateurs de bière Celtica. C’est intéressant pour le mobinaute, ça l’est également pour l’entreprise donneuse d’ordre qui se crée ainsi un fichier client très ciblé.
PAI : Tous les supports peuvent donc être codés ?
S.D. : Bien sûr : un journal, un emballage, un livre, un verre, un disque, un ticket de concert, une plaquette… Et les usages sont infinis : augmenter les ventes en connaissant mieux les acheteurs, utiliser la video dans le marketing direct, rendre le packaging intelligent, améliorer la traçabilité d’un produit ou d’un document, lutter contre la contrefaçon, valoriser la création artistique, créer du lien personnalisé pour les personnes âgées, proposer un nouveau type de partage des photos et films de vacances pour le grand public… De nombreux nouveaux usages peuvent être envisagés dans les professions médicales également… Je souhaite rester plus générale dans les usages.Une opération avec Leclerc est en cours de démarrage.
PAI : Vous êtes bien entourée, vous avez su être persuasive ? S.D. : Je le pense, quand je vois la qualité des gens qui me font confiance et me soutiennent : mon associé Aymeric Poulain-Maubant, mes clients et TELECOM Bretagne qui vient de m’intégrer dans son incubateur. Je dois être persuasive si je veux convaincre une clientèle de se lancer dans ce nouveau type de connexion à la réalité augmentée.
Contact : Sophie Deniel Tél 02 98 81 09 74
SOURCE : Paré à innover #40 Mai - Juin 2009. Bretagne innovationCONTACT : Invest-in-Bretagne
