Les îles bretonnes en pointe sur la transition énergétique

En 2015, les îles d’Ouessant, Sein et Molène se sont engagées dans un programme qui vise à les rendre autonomes à l’aide d’un mix énergétique en réseaux fermés d’ici à 2030. L’association des îles du Ponant a été lauréate, pour Ouessant, Molène et Sein, de l’appel à projet “Boucle énergétique locale“ de la région Bretagne, ainsi que d’un autre appel à projets national intégrant Batz et Saint-Nicolas des Glénan. Le financement global de ce programme s’élève à 1,5 M€ sur trois ans pour les cinq îles bretonnes.

Selon l’association, les îles ont déjà réduit de 1 100 MWh leurs consommations énergétiques en un an. Pour Ouessant, Molène et Sein, cela correspond à une réduction de 16% des émissions de CO2. L’objectif est d’atteindre les 30% à trois ans.

Le dispositif mis en place intègre l’installation de centrales photovoltaïques (150 MWH produits) à Ouessant et Sein, mais aussi la distribution d’ampoules LED, l’isolation de bâtiments publics ou des aides à l’achat d’électroménager moins énergivore. D’autres installations photovoltaïques devraient être mises en place progressivement sur les cinq îles, ainsi que des éoliennes à Sein et Ouessant.

L’hydrolienne D10 de Sabella doit également être immergée en septembre dans le passage du Fromveur et raccordée à Ouessant pour une exploitation de 3 ans. Elle devrait fournir 15% des besoins en énergie de l’île qui compte 800 habitants (contre 5% lors de la première immersion). Deux autres hydroliennes devraient être installées d’ici 2021 pour couvrir 35 à 40% des besoins en électricité.

Ainsi, l’île d’Ouessant est devenue un véritable laboratoire de la transition énergétique et attire l’attention des insulaires du monde entier. En un an, des délégations indonésienne, inuit et québécoise sont venues. Les îles canadiennes de la Madeleine (12.000 habitants) sont confrontées aux mêmes problématiques car elles ne sont pas rattachées au réseau continental et produisent leur électricité via une centrale thermique diesel. La délégation souhaite donc créer des synergies et reproduire les actions d’Ouessant. Un Forum international sur les enjeux insulaires sera d’ailleurs organisé aux îles de la Madeleine en 2018 pour formaliser une coopération.

 

Sources : Lettre API – 12/09/2017, Ouest France – 27/11/2017