Piriou : ancrage local et développement international

Piriou (Concarneau, 1.000 salariés, CA 2017 : 200 M€), le spécialiste de la construction et de la réparation navales civiles et militaires, réalise 60% de son activité à l’export mais reste ancré à Concarneau.

 

Activités locales et internationalisation

Comme l’explique Pascal Piriou : « Si vous voulez vendre des bateaux au Vietnam, à des armateurs vietnamiens, c’est simple vous devez construire ces bateaux au Vietnam. Et c’est encore plus valable pour la réparation : les chantiers sont régionaux ». Ainsi Piriou possède des chantiers en Pologne, au Nigeria, au Vietnam et désormais en Algérie, s’associe à des partenaires locaux et s’appuie sur du personnel et des sous-traitants locaux. Ces implantations lui permettent par ailleurs de faire face à la concurrence des pays à bas coûts, comme la Chine, mais aussi de conserver une activité et des emplois en Bretagne.

 

Les comptoirs Piriou

Le groupe veut réparer et entretenir plus de bateaux qui croisent au large de l’Afrique, de l’Amérique et du Pacifique. Pour se rapprocher de ces différentes flottes de commerce, de pêche ou militaire, il crée le « comptoir Piriou ». Il s’agit d’un atelier modulable sous la forme de différents conteneurs, qui comprendront une partie chaudronnerie, un espace pour la tuyauterie les énergies et les bureaux. Quatre à cinq semaines seront nécessaires pour installer dans un port ces ateliers d’un nouveau genre qui occuperont de 500 à 1.000 mètres carrés. Car l’objectif est d’installer vite et partout au plus proche des navires.

Le groupe a ciblé 10 zones dans le monde où il va progressivement implanter ces ateliers, qui pourront être déplacés en fonction de l’évolution de la demande locale. Le premier a ouvert sur l’île de La Réunion en février 2018, un second sera installé à Dakar au Sénégal. Chacun nécessite un investissement de 1M€, pour un CA annuel visé de 4 à 5 M€. La création d’un comptoir se fera toujours en partenariat avec un acteur local. A Dakar, il s’agira du spécialiste portuaire Ngom et Frères, qui entre de façon minoritaire dans la société Piriou Ngom Sénégal créée pour l’occasion.

Trois salariés de Piriou initialement formés composeront l’effectif de base d’un comptoir, complété par 30 à 40 collaborateurs recrutés sur place. Le centre de commandement sera basé à Concarneau au siège du groupe afin de centraliser la gestion des comptoirs et les alimenter en pièces de rechange.

 

La défense, 90% de l’activité construction navale

Mais avant de se positionner sur des marchés étrangers, Piriou a dû justifier d’une expérience en France.  D’où la volonté d’obtenir des contrats auprès de la Marine nationale, projet concrétisé à travers le partenariat avec DCNS (aujourd’hui Naval Group) et la création de Kership en 2013. Aujourd’hui, 90% de l’activité construction navale de Piriou est réalisée dans le secteur de la défense, secteur qui représente aussi 36% de la réparation navale. La diversification que mène le groupe (exploration, défense, énergie marine renouvelable, navire polaire) est aussi une garantie de résistance à d’éventuelles difficultés dans un des secteurs.

 

Expertise sur les navires de recherches

La branche française Réparation et Services du groupe, Piriou Naval Services (PNS) assure en France comme à l’étranger, les travaux de maintenance, la maîtrise d’œuvre d’arrêts complexes et le maintien en condition opérationnelles de tous types de navires ainsi qu’une activité de négoce et de formation. Au fil du temps, cette branche a acquis une expertise dans le secteur très technique des navires océanographiques et hydrographiques. En 2006, PNS a réalisé le maintien en condition opérationnelle (MCO) des quatre bâtiments hydrographiques de la Marine nationale française, la refonte de l’Atalante pour l’Ifremer en 2009, ainsi que le contrat de MCO du Beautemps-Beaupré de la Marine nationale française, et la modernisation du Thalassa d’Ifremer fin 2017. Piriou met ses compétences à profit. Par exemple, Piriou construit, en étroite collaboration avec le SHOM, le bâtiment océanographique multi-missions – BHO2M – qui sera livré fin 2018 à la Marine Royale Marocaine.

 

Sources : Bretagne Economique – 02/10/2017, Ouest France – 11/01/2018, Les Echos – 27/11/2017

Crédit photo : Piriou