Ubisoft défie le monde avec ses jeux vidéo

Yves Guillemot, co-fondateur d'Ubisoft et actuel PDG. Credit photo : Ubisoft

En quarante ans, de Carentoir dans le Morbihan, aux cinq continents aujourd’hui, Ubisoft s’est imposé en leader mondial indépendant de créateur de jeux vidéo. 14 000 collaborateurs, 30 studios dans le monde, dont les 3 principaux sont aux Canada, en Roumanie et en Chine, 1,6 Md€ de chiffre d’affaires, 110,2M€ de résultat opérationnel (3,1M€ en 2017), 64,4M€ de bénéfices (contre une perte de 20,8M€ en 2017), et les cinq frères Guillemot toujours à la barre. Ces résultats positifs seraient liés à la transformation digitale, à l’engagement des joueurs et aux nouveaux marchés asiatiques.

 

De Carentoir au monde

Les parents, comme les grands-parents des 5 frères Guillemot étaient entrepreneurs. Dans les années 80, les frères aînés Michel et Claude commencent à se pencher sur l’entreprise familiale qui connaît une passe difficile. Ils lancent la vente d’ordinateurs. De ce premier négoce, naît l’idée d’importer des logiciels de loisirs pour diversifier l’activité.

Yves devient PDG en 1988 et l’est toujours. Ubisoft devient très vite éditeur de jeux pour mieux contrôler toute la filière. Avec un modèle économique de franchises pour développer ses créations. Les premiers studios ouvrent au Canada et en Roumanie. L’entrée en bourse s’impose en 1996 pour aller chercher les relais financiers conséquents à cette nouvelle économie du loisir avec les consoles, PC, puis smartphones. De nombreuses croissances externes viennent accélérer le développement du savoir-faire.

 

Les ressources pour la création d’un jeu

Un jeu vidéo comme Assassin’s Creed, c’est 1 000 personnes avec 40 métiers dans 5 à 7 pays“, explique Christian Guillemot. Un jeu peut coûter de 50 à 300 millions d’euros. Autant dire que chaque lancement  est un vrai défi.

Ubisoft s’appuie sur les talents qui intègrent ses 30 studios à travers le monde. Le groupe recrute de plus en plus directement à la sortie des universités de renom, afin de toujours bénéficier de jeunes gens formés aux dernières évolutions. Récemment, c’est près de Raleigh et de son université côtée, en Caroline du Nord, qu’Ubisoft a ouvert un nouveau centre de recrutement aux États-Unis.

Sur les 14 000 collaborateurs, 2 500 sont en France. Il est attendu 1 000 recrutements en plus d’ici cinq ans, rien qu’en France.

A noté que Vivendi possède 15% du capital d’Ubisoft qu’il a essayé de racheter en 2016, mais Ubisoft s’est toujours battu pour garder son indépendance et les cinq frères Guillemot détiennent 18% du capital. Ils ont cependant fait rentrer le chinois Tecent dans le capital à hauteur de 5%, un vrai choix stratégique pour pénétrer le marché immense que représente la Chine.

 

Allonger le temps de vie des créations

Ces dernières années, Ubisoft essaie d’allonger les cycles de vie de ses créations et de développer l’open innovation avec les joueurs. “Nous sortons moins de jeux mais nous impliquons davantage nos joueurs et leurs communautés“, commente Yves Guillemot. Certains jeux peuvent voir jusqu’à 30 millions de joueurs en ligne, l’enjeu est donc de taille. Les lapins crétins, Just Dance, Rainbow 6, For honor, The Crew….Les succès s’enchaînent. Les diffusions télévision et cinéma arrivent avec l’adaptation en 2018 d’Assassin’s Creed.

 

Diversification dans le divertissement

Ubisoft continue sa diversification dans la création d’escape games en réalité virtuelle. Le dernier en date, “Escape the Lost Pyramid”, a été développé par Blue Byte, filiale d’Ubisoft. Basé sur son jeu Assassin’s Creed Origins, il plonge le joueur dans l’Egypte ancienne. Le jeu est déjà en exploitation aux USA, en France, aux Pays-Bas et en Allemagne, où Ubisoft vient d’ailleurs d’ouvrir un studio à Berlin (60 personnes, 150 d’ici fin 2020).

 

Partenariat avec Google sur le cloud gaming

Google a lancé un test technique de cloud gaming (Project Stream) dans son navigateur web Chrome, en partenariat avec Ubisoft. L’idée est de proposer un système de game streaming avec des jeux fonctionnant sur les serveurs cloud de Google. Le test est réalisé avec Assassin’s Creed Odyssey pour un nombre de joueurs limité aux USA. Des services similaires existent déjà dont le breton Blacknut que l’on surnomme le Netflix du jeu vidéo.

 

Prix de l’entrepreneur de l’année EY 2018

Pour couronner les performances et le beau succès d’Ubisoft, Yves Guillemot a reçu le prix national de l’entrepreneur décerné par EY le 18 octobre dernier.  A noté que l’entrepreneur avait déjà reçu ce prix en 2009.

 

Sources : Ouest France – 26/09/2018, L’Usine Digitale – 28/09/2018 & 04/10/2018

Crédits photo : Ubisoft