Yves Rocher : des petites fleurs des champs au destin international

Le créateur de la cosmétique végétale, Yves Rocher (La Gacilly), dont le groupe est présent dans le monde entier, possède son propre service agronomie pour produire les plantes qui entrent dans la formulation de ses produits.

 

Production locales des plantes destinées à la cosmétique

Ainsi, à la Gacilly, poussent dans de nombreux champs, sur plus de 55 hectares, diverses variétés : bleuet, camomille romaine, matricaire, calendula (souci),… des fleurs aux vertus différentes. Si certaines plantes sont ramassées à l’aide d’une récolteuse automatique, plusieurs variétés sont cueillies à la main, une à une. La production étant conduite en agriculture biologique, les mauvaises herbes sont aussi enlevées à la main avant la récolte des fleurs. En période de pointes, l’équipe dédiée à la cueillette peut compter jusqu’à 45 personnes.

Pour bénéficier pleinement de leurs vertus, les fleurs sont récoltées au moment de leur épanouissement, c’est-à-dire au milieu de la journée lorsque la sève est remontée et que la fleur a profité du soleil. C’est le moment où la teneur en principes actifs des fleurs est optimale. Pour cueillir un kilo de fleurs de bleuets, soit environ 6.000 fleurs, il faut compter environ 4 heures de travail, alors que pour un kilo de calendula il faut deux fois moins de temps, la fleur étant plus grosse. Sitôt cueillies, les fleurs doivent être mises à sécher, étalées en couche mince sur une claie, dans un endroit à l’abri de la lumière et bien ventilé afin de préserver couleur, parfum et vertus.

Chaque année plusieurs tonnes de plantes sont prélevées dans les champs. « Un tiers des produits Yves Rocher est fabriqué à partir de plantes cultivées ici. On parle de filière « origine » puisque nous cultivons depuis 1979, en cherchant à respecter et favoriser la biodiversité », explique Cécile L’Haridon, responsable du service agronomie. D’autres filières végétales sont nées ensuite, en partenariats avec des fournisseurs qui respectent les engagements de la marque, soucieuse du développement durable et de la biodiversité. En outre, plusieurs dizaines de tonnes de fleurs séchées sont stockées et représentent  24 mois d’avance pour se protéger des aléas climatiques.

Depuis 1997, le service agronomie de la marque réalise des expérimentations en agrologie et en biodiversité et s’appuie sur le service R&D et ses 150 chercheurs. De nouvelles plantes sont en observation. Par exemple, Yves Rocher dispose de 4.500 m2 d’abris froids où pousse notamment la ficoïde glaciale, qui présente des vertus pour les soins anti-âges. « Il a fallu 9 ans d’études, d’observations et de tests pour bien comprendre le fonctionnement de la plante avant de passer à la formulation », poursuit Cécile L’Haridon.

 

Distribution aux quatre coins du monde

Ces fleurs cueillies à la Gacilly se retrouvent dans de nombreux produits cosmétiques distribués par Yves Rocher dans plus de 110 pays à travers le monde. Face à des géants de la cosmétique, le groupe renforce toujours son positionnement comme marque végétale et authentique. Dernièrement, la marque a lancé un gel douche qui réduit la consommation de plastique de 50%.

Le groupe ne prévoit pas de rachat de marques innovantes, mais mise sur des partenariats locaux pour développer ses marques à l’international, comme en Afrique où plusieurs magasins ont été ouverts récemment : Kinshasa (République Démocratique du Congo), Brazzaville et Pointe Noire (Congo-Brazaville).

Ces derniers mois, le groupe a également réalisé deux acquisitions. Yves Rocher rachète Arbonne International, spécialiste de la vente directe de cosmétiques naturels et d’ingrédients alimentaires aux Etats-Unis (CA 2017 : 470 M€). A la clé, un site de production en Californie, quatre sites de distribution intégrés et un réseau de 250.000 conseillères indépendantes assurant la vente à domicile. Cette opération lui permettra également de renforcer sa présence dans les pays anglo-saxons dans lesquels Arbonne est déjà très présent (Canada, Angleterre, Nouvelle-Zélande…).

En juillet, le groupe Rocher a finalisé l’acquisition de la totalité du capital de Sabon (480 personnes), spécialiste israélien des cosmétiques naturels à base d’ingrédients issus de la mer morte, qui dispose d’un réseau de 180 boutiques à travers le monde, notamment en Israël, au Japon, aux USA et en France.

L’objectif poursuivi par Yves Rocher est très clair : réaliser 50 % de son chiffre d’affaires en dehors de la France d’ici 10 ans.

 

Sources : Ouest France – 08/08/2018, Les Echos – 05/01/2018, Entreprendre – 31/05/2018